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INTERVIEW D'ANNIE ( LEZWIELIZA )

Peux-tu nous présenter Lezwieliza et nous dire comment le groupe est né ?

Lezwieliza est constitué de 5 musiciens, mus par une passion commune – Andrew et Den aux guitares, le bassiste Zaparna, le batteur Sashk et moi-même. Le groupe a été longtemps incomplet et a pu finalement voir le jour avec mon arrivée, et un peu plus tard, celle d’Andrew. A cette époque nous avions déjà un peu de matériel pour des chansons et nous avons commencé à les enregistrer. Notre premier concert a eu lieu le 28 novembre 2008 dans un bar rock local, après cela, nous avons entamé une tournée qui s’est vue couronnée de succès. Pendant ce temps, nous avons aussi fini d’enregistrer notre premier album démo. Le 15 mai de cette année nous l’avons présenté dans notre ville – c’était le jour de mon anniversaire ^_^ .

Que signifie le nom “Lezwieliza” ?

Lezwieliza n’est sans doute pas ce que vous pensez. En fait le mot en lui-même n’a pas de signification particulière. Il est constitué de 2 mots : Lezwie (qui signifie « lame » en russe) et Liza (le prénom). Quand nous cherchions un nom, nous voulions quelque chose qui véhicule une image assez pointue, quelque chose de dangereux mais qui ait un certain coté sexuel. La combinaison des deux mots sonnait bien à la fois au niveau phonétique et au niveau du sens.

Comment décrirais-tu votre musique ?

Notre musique est souvent expressive, pleine de rythmiques mais sans être surchargée. Nous aimons headbanger et faire des choses drôles et un peu folles sur scène. Et la musique est pleine d’énergie positive, de volonté de vivre et de résister aux choses qui nous empêche d’être heureux. Nous laissons notre musique respirer.

 

Quelles sont vos principales influences ?

Si vous voulez parler d’influences musicales, il y en a tellement que cela serait trop long de tout citer. Il n’y a pas que les groupes modernes et populaires signés sur Roadrunner Records, il y a aussi des groupes plus old-school. Ce sont des groupes qui sont venus en Russie aux débuts des années 90, comme Metallica, Pantera, AC/DC. Et si vous voulez parler de choses plus générales, c’est la triste routine quotidienne qui nous force à chercher notre place dans ce monde, un endroit plein de lumière et d’émotions positives.

J’ai vu un “parental advisory” sur votre CD, de quoi parle donc vos chansons ?

Certaines paroles ont été écrites durant des moments particulièrement forts de ma vie. Par

exemple, Coming Back, Getting of the game, My self-destruction. Mais en général, les thèmes de mes chansons sont les rêves issus de mon imagination malade. Un mélange de films d’horror et de conte de fées surréalistes.

Je tue mes musiciens sur la pochette de l’album car ils jouaient trop mal. Je plaisante =) En, fait, il s’agit d’une représentation de l’instinct animal qui dort en chacun de nous.

La lutte entre les opposés, la moralité et le démon intérieur, cela nous correspond si bien. Nous oscillons sur ce fragile équilibre, un petit faux pas et nous pouvons tomber dans l’abysse de la folie. La violence et la cruauté sont présentes, cachées dans les désirs de chacun d’entre nous. Mais je n’en fais pas la propagande comme ceux qui font du black metal, j’essaie juste d’avoir un certain point de vue sur ces horribles choses, avec une certaine dose de sarcasmes. Je pense que cela est naturel chez l’Homo Sapiens. C’est comme un grand jeu, ‘dieu’, le ‘demon’, qui gagnera ? Et toutes mes paroles sont une recherche de moi-même à travers ce jeu. Mais je réponds déjà à la question suivante…

Votre cover est très sanglante, qu’avez vous voulu exprimer ?

Pour nous, comme pour beaucoup de metalleux, notre première phase lors du développement de notre musique était d’essayer les rôles de victimes ou de tueurs. De telles images ne sont pas originales de nos jours. Nous voulions juste faire ça, et nous ne comprenons toujours pas les raisons de ce souhait. D’ailleurs, l’un d’entre nous est tombé dans les pommes en voyant tout ce sang =) Donc la représentation d’une scène de crime est plus un jeu qu’un véritable désir, ou sinon nous serions dans un hôpital psychiatrique depuis longtemps.

 

Parle nous de ton chant... comment décrirais-tu ton style ? N’est-ce pas difficile de mélanger voix mélodiques et voix extrême ?

Avant mes 16 ans je n’envisageais pas d’avenir dans la musique. Mais quand j’ai changé d’école et me suis fait de nouveaux amis, ma vie toute entière a aussi changé. J’ai entendu pour la première fois des groupes comme Katatonia, Dimmu Borgir, Crematory. Et j’ai décidé de jouer dans un groupe similaire. Au début, je n’étais pas chanteuse, mais claviériste dans un groupe local de doom, et je faisais parfois les backing vocals. Après avoir quitté ce groupe, afin de trouver quelque chose de plus proche de mes goûts musicaux, ils m’ont recommandé à un autre groupe en disant « elle est très douée au clavier mais ne chante pas très bien ». Je ne

sais pas pourquoi, mais ces mots m’ont touchés. Je me suis donc essayé au chant avec plusieurs groupes avant de trouver les gens avec qui j’ai pu monter mon premier groupe de metal alternatif – Toys Carnival. C’était le début. Je cherchais ma propre image et travaillais des techniques vocales. Après cela, j’ai été prise dans un groupe de death metal mélodique et ai commencé les voix extrêmes.

Dans la nature, les grognements (growls) sont une méthode pour montrer son pouvoir. Les growls sont ma passion, c’est un moyen de trouver son propre pouvoir intérieur et de l’extérioriser. J’aime ça sans doute car j’en ai eu besoin pendant très longtemps.

Mélanger le chant extrême et le chant mélodique est difficile si tu ne connais pas la manière de le faire correctement. Je ne pourrais pas chanter de manière uniquement mélodique ou uniquement extrême, car dans mon cas, cela est complémentaire et forme une combinaison que je trouve harmonieuse.

Si tu pouvais faire un duo, qui choisirais-tu ?

Oh, j’adore cette question ! ^_^ J’aime beaucoup de chanteurs dans différents styles de musique. Mais si je devais choisir l’un d’eux, ce serait Jonathan Davis de Korn, Cristina Scabbia de Lacuna Coil, Trent Reznor de NIN ou encore ma préférée : Alanis Morissette.

Qu’en est-il de la scène metal dans ton pays ?

C’est une question très intéressante. Je pense que la Russie est dans un période de transition. Le metal s’y développe très vite, entraînant une certaine instabilité culturelle. C’est une forme de sous-culture établie mais en général le metal n’est pas encore connu des grandes masses. Je pense que les russes cherchent un maximum de techniques et de lourdeur dans le metal. Ils ont parfois besoin de faire beaucoup de bruit, ce qui est normal pour un pays qui a été sous le joug de la censure pendant si longtemps. Le metal nous donne une liberté dans nos esprits et nos savoirs-faire.

Quels sont vos projets ?

Nous avons l’intention de faire un clip et d’enregistrer notre second album. Nous cherchons aussi un label et une agence de booking.

Un dernier commentaire ?

Ce fut un véritable plaisir de répondre à tes questions =) J’espère qu’un jour nous viendrons visiter la France lors d’une tournée. Stay metal !

 

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